Douches froides
- irw20
- il y a 6 jours
- 2 min de lecture

Il y a des films comme des douches matinales. Parfois, on sait très bien à quoi s’attendre : le ballon d’eau chaude a déjà rendu l’âme, les autres sont passés avant nous, et l’eau sera froide. On y va quand même, sans illusion, en connaissance de cause. Et puis il y a les autres. Ceux qu’on aborde avec confiance, portés par une affiche séduisante, un nom familier, une réputation flatteuse. On lance le film en pensant trouver un certain confort… et la déception est immédiate. Cette rubrique rassemble ces deux formes de rendez-vous manqués : les films dont l’échec semblait déjà inscrit, et ceux qui, annoncés comme des petites pépites, laissent surtout un sentiment d’amertume, plus durable que le film lui-même.
Sous une douche froide, l’instinct serait de sortir au plus vite. Ici, c’est l’inverse. Ces films méritent qu’on s’y attarde, qu’on prenne le temps d’en comprendre les ratés, les intentions contrariées, les promesses non tenues. Parler d’un film décevant, ce n’est pas seulement constater qu’il ne fonctionne pas, c’est souvent là que la réflexion devient la plus riche. Certaines de ces critiques compteront sans doute parmi les plus longues du site : non par acharnement, mais parce qu’un film qui déçoit a parfois plus de choses à révéler qu’un film simplement réussi.
Section : Douche Froide
Sous-titre : Le choc de l'ambition déçue.
« On entre ici avec l’espoir d’une pépite, porté par un nom ou une promesse. On en ressort grelottant. Ce sont les rendez-vous manqués du cinéma, où l'ampleur du projet n'a d'égale que la hauteur de sa chute. »
Southland Tales (2006) : Un naufrage d'auteur fascinant où l'ambition démesurée de Richard Kelly se fracasse contre la réalité d'un budget mal géré. Un casting hétéroclite pour une bérézina narrative.
Ultrasound (2021) : Une promesse de thriller de science-fiction brillant qui s'égare dans un dispositif artificiel et froid. Un film qui joue avec le spectateur jusqu'à l'épuiser, pour une résolution qui laisse un goût d'inachevé.
Le Degré Zéro : Le Néant sans Surprise Ici, pas de choc, car il n'y a pas de chaleur initiale. Le ballon d'eau chaude est vide depuis le début. Ce sont des films dont l'ambition est absente, ou se limite à être "un film à la con". On regarde sans illusion, on n'est même pas déçu : on constate que le film n'a rien à dire et qu'il le dit très bien. C'est le calme plat de l'intérêt cinématographique.
Totem (2024) : Un naufrage total sur un sujet pourtant passionnant : le voyage dans le temps. Malgré un budget réel, le premier film de Fred De Loof s’embourbe dans un amateurisme gênant, où l’absence de rythme n’a d’égale que l’incohérence du récit. Une expérience glaciale. [Cliquer ici pour lire la critique complète]



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