Totem — le vide absolu
- irw20
- il y a 6 jours
- 2 min de lecture

Rien, absolument rien ne sauve ce film. Totem, premier long-métrage de Fred De Loof, est une expérience que l’on pourrait qualifier de… instructive, si l’on voulait comprendre à quel point un film peut rater. Et pourtant, on devine ce qu’il voulait faire. Moi, personnellement, je suis assez fan des voyages dans le temps, des structures narratives complexes, des paradoxes temporels. Même dans les films les plus mauvais que je vois, il arrive toujours un petit quelque chose qui m’intéresse. C’est pour cette raison que je me suis laissé tenter par Totem : un petit espoir, peut-être naïf, que le film réussirait à proposer un peu de ce que j’aime, ou au moins une petite folie. Résultat ? La douche froide. Je n’ai jamais vu un film aussi raté sur un sujet qui peut pourtant être casse-gueule mais maîtrisé par d’autres. Même avec ce goût pour l’exploration et la curiosité, rien n’accroche, rien ne surprend.
Moi, je n’attendais pas grand-chose avant de le regarder au minimum, un sourire, un éclat de folie, un peu de second degré. Tout cela est absent. Le film n’arrive pas à arracher un sourire. Tout ce qu’il provoque, c’est de la gêne… mais pas celle qui viendrait d’une idée audacieuse ou dérangeante. Non, juste la gêne de voir un projet raté, mécanique, maladroit, qui accumule les excès sans jamais créer de plaisir ou de rythme.
Le film est complètement artificiel, tout est déjà vu mille fois mieux ailleurs. Les tentatives d’humour tombent à plat. Les séquences horrifiques ne font peur que par leur incohérence. Les personnages semblent des figurines, agissant selon un scénario écrit à la hâte. Ce qui rend tout cela encore plus déroutant, c’est que Totem n’est pas un film de “garage” financé à la va-vite avec quelques centaines ou milliers d’euros. Il y a un petit budget réel derrière, ce qui aurait pu permettre un minimum de soin, d’encadrement ou de mise en scène. Et pourtant, le résultat est aussi raté que s’il avait été fait dans le salon d’un étudiant en cinéma. Même en groupe, en essayant de prendre ça au second degré, on reste plus gêné qu’amusé. On a l’impression que le réalisateur se moque un peu de son spectateur, poussant chaque idée jusqu’à son absurdité, sans jamais créer un vrai rythme ni une vraie tension.
Pour ceux qui s’interrogent sur le statut du film : c’est bien le premier long métrage de Fred De Loof, produit dans le cadre d’une petite structure indépendante belge, présenté dans quelques festivals, et reconnu pour son côté bizarre, déjanté, mais sans aucune réelle récompense. Les rares critiques positives mentionnent l’audace de vouloir pousser tout au maximum — conceptuel, gore, trash — mais pour moi, cela reste juste un exercice d’amateurisme où toutes les ambitions se retournent contre le film.
Et c’est là le paradoxe : on pourrait presque admirer le fait de pousser les limites… si le résultat n’était pas si mauvais. On a envie de se relever de sa chaise, de fuir la salle, de prendre une douche glaciale pour se remettre de ce que l’on vient de voir.
Température de douche : en dessous des 10 °C — gelée, piquante, et durablement désagréable.



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