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Ultrasound — Une douche froide détaillée

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    irw20
  • il y a 6 jours
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 6 jours



Une promesse

Quand on m’a parlé de Ultrasound, on m’a vendu une expérience. Une plongée dans un thriller SF psychologique déroutant, une intrigue qui brouille la perception et ébranle les certitudes, quelque chose qui resterait avec moi bien après le dernier plan. C’est précisément ce que j’espérais vivre une forme de dépaysement mental, une narration aussi mystérieuse que frustrante, mais captivante.

Ce projet est le premier long métrage de Rob Schroeder, adapté du roman graphique Generous Bosom de Conor Stechschulte, qui écrira le scénario.  Cette collaboration montre une démarche artistique assez personnelle : le créateur du matériau original décide de garder le contrôle sur l’adaptation, ce qui, sur le papier, annonce un film très spécifique, sans concession.

La production du film a été loin d’être simple. Initialement envisagé autour de plusieurs millions de dollars, son budget a progressivement chuté sous le million, ce qui a réduit drastiquement le temps de tournage à une vingtaine de jours.  On voit cette contrainte partout : dans la mise en scène, dans les décors, dans le rythme.

Le résultat est une œuvre très artisanale, dont la démarche est claire mais dont l’exécution laisse une impression d’amateurisme. Cela pourrait être fascinant si le film savait exploiter ses choix narratifs ce qu’il tente mais du moins pour moi l’ambition se heurte à une réalisation trop timorée.


Ambitions narratives et labyrinthes confus

Le cœur de Ultrasound s’articule autour de plusieurs fils narratifs qui s’entrelacent de façon parfois obscure. Glen, personnage principal, voit sa vie bouleversée après une panne de voiture. Il est embarqué malgré lui dans une série d’événements étranges avec d’autres personnages une femme enceinte, une scientifique, des expériences mystérieuses qui semblent défier le réel.

Certaines critiques ont souligné que Ultrasound utilise une structure narrative non linéaire et dense, qui peut intriguer ceux qui aiment décoder les récits tordus et les films où rien n’est jamais donné sur un plateau. Sur des plateformes comme IMDb, des spectateurs ont évoqué une ambition créative, la transformation de l’histoire en un “brain‑bending puzzle” (casse‑tête), ou encore salué un scénario original qui ne se contente pas de solutions faciles.

Et pourtant et c’est central à ce chapitre cette ambition narrative ne fonctionne pas pour tout le monde. Pour beaucoup de spectateurs, l’expérience est aussi confuse que fascinante. Certains affirment qu’il faut plusieurs visions pour saisir le film complètement, car les révélations se construisent lentement et demandent une attention soutenue.


Ce que d’autres ont trouvé intéressant

Même si mon ressenti est négatif, il est important de comprendre pourquoi certains spectateurs ont apprécié ce film. Voici les points positifs récurrents relevés par des critiques ou des spectateurs :

  • Structure non conventionnelle : pour certains, la façon dont l’histoire se déplie — en laissant planer plus de questions que de réponses immédiates — est une force.

  • Concept original : l’idée même d’une manipulation par des fréquences, d’une perception altérée, peut fasciner ceux qui aiment les récits qui s’écartent du convenu.

  • Son et ambiance : plusieurs retours positifs mentionnent une conception sonore immersive ou au moins intrigante, qui aide à instaurer une sensation d’étrangeté.

  • Acteurs et performances : certains spectateurs ont trouvé que, malgré un budget limité, plusieurs acteurs portaient bien leurs personnages et contribuaient à un certain mystère.

Ces éléments montrent que Ultrasound possède une base assez typique des films dits “indie puzzles” : il attire d’une part ceux qui aiment réfléchir et se perdre volontairement dans une intrigue, mais il peut aussi laisser complètement froid ceux qui attendent une narration plus fluide ou des sensations plus nettes.


Ce qui n’a pas pris pour moi

Et là où le film devrait trouver son public, il m’a perdu. Pour être complètement honnête :

  • La narration m’a paru décousue, avec des séquences sans réel lien logique ou émotionnel, qui donnent l’impression de faire tourner les roues plutôt que d’avancer.

  • Le rythme est lent, souvent au point que l’on attend une scène forte qui n’arrive jamais.

  • La réalisation, malgré des idées intéressantes, ne réussit pas à transformer cette ambition en expérience immersive.

  • La texture même de l’histoire — une manipulation profonde de l’esprit des personnages — est peut‑être un concept fascinant sur papier, mais il manque ici des éléments de mise en scène cohérente pour que cela devienne réellement prenant ou inquiétant.

En fait, mon principal reproche est peut‑être que tout le monde ne “voit pas” la même chose dans ce film, non pas parce qu’il est brillant, mais parce qu’il est trop vague, trop étiré, et trop imprécis pour créer une atmosphère réellement consistante. C’est une tentation narrativement intéressante qui finit par se dissoudre dans l’ennui plutôt que dans l’interrogation profonde.


Les anecdotes de production et influences

Ce qui est intéressant, c’est de jeter un œil sur la façon dont ce film a été pensé et fabriqué, car cela éclaire certains choix. Le réalisateur cite The Manchurian Candidate (1962) comme une influence majeure, ce qui explique l’aspect paranoïaque et la manipulation mentale au centre de l’histoire.

La musique a été conçue par Zak Engel avec une approche mélangeant signaux analogiques et synthèses numériques, inspirée par des scores comme Blade Runner, ce qui montre une vraie intention d’exploiter le son comme matière narrative, ce qui a plu à plusieurs observateurs.

Le film a eu sa première au Tribeca Film Festival en juin 2021, puis a tourné dans quelques festivals comme Fantasia, ce qui montre qu’il a tout de même trouvé une certaine reconnaissance sur le circuit indépendant.


Réception critique et perception publique

Bien que mon expérience personnelle soit négative, Ultrasound a été globalement bien accueilli par les critiques agrégés et certains sites l’ont considéré comme une œuvre audacieuse pour un premier film, soulignant l’ambition narrative et sonore.

Cependant, la réception du public a été fortement polarisée : certains spectateurs le considèrent comme un thriller intriguant et même recommandable pour les amateurs de cinéma de genre, tandis que d’autres, comme moi, l’ont trouvé confus, lent, et décevant.


Conclusion — douche froide, version longue

Ultrasound est un film qui mérite d’être lu dans son contexte : une œuvre indépendante ambitieuse, le premier long métrage d’un réalisateur qui a voulu marier science‑fiction, mystère et perception altérée. Il y a de réelles idées, une bande‑son pensée comme un dispositif narratif, et des critiques qui ont apprécié cette démarche.

Pour moi, cependant, rien de tout cela n’a suffi à créer l’expérience promise. La sensation d’intelligence narrative s’est dissipée dans un flou qui m’a laissé froid. J’ai attendu des révélations, une tension, un vrai puzzle à résoudre… et je suis resté sur ma faim.


Température de douche : en dessous des 15 °C — glacé, piquant, mais suffisamment supportable pour rester jusqu’au bout.




 
 
 

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