Predators (2010) : La douche froide de la modernisation
- irw20
- il y a 3 jours
- 2 min de lecture

J’avais placé un petit espoir dans Predators (2010). L’idée de moderniser le classique de 1987 me semblait pertinente : le premier Predator est culte, mais il porte ses excès typiques des années 80 — personnages surgonflés, armement improbable pour des missions d’infiltration, situations parfois caricaturales. Je n’étais pas dérangé par le concept de remake, au contraire : je pensais qu’il y avait matière à améliorer certains aspects, à remettre le récit au goût du jour et à transformer ce côté daté en tension moderne.
Sur le papier, tous les ingrédients étaient là : Adrien Brody en tête d’affiche, capable d’apporter crédibilité et nuance à son rôle ; une équipe de mercenaires variée, un univers de chasse extraterrestre modernisé, et des effets spéciaux retravaillés pour rendre l’expérience visuellement spectaculaire. Brody, très investi, a même pris 11 kg pour coller physiquement au personnage et a passé du temps seul dans la jungle pour mieux s’immerger. La production elle-même était massive : plus de 800 personnes sur plateau, sept à huit mois de préparation pour construire laboratoires, marais et zones extérieures. On sentait un vrai effort technique et logistique.
Et pourtant… rien ne fonctionne. Le scénario est prévisible, la mise en scène est plate et sans inspiration, la tension disparaît dès les premières minutes. Brody, malgré son engagement physique, semble mal à l’aise et peine à convaincre face à des personnages superficiels et caricaturaux. L’oppression et la claustrophobie qui faisaient la force du premier film sont absentes, et le spectateur se retrouve devant une succession de scènes sans âme. Même le retour esthétique aux Predators originaux — hommage fidèle au design de 1987 — ne sauve rien : le film s’accroche à son modèle sans jamais proposer quelque chose de neuf.
Le casting, pourtant ambitieux, tombe à plat : mercenaire, sniper israélienne, yakuza, forces russes… un éventail prometteur sur le papier, mais rendu peu crédible par le scénario et le rythme inexistant. Les personnages semblent évoluer dans un monde hors sol, où l’action finit en “Armageddon” plutôt qu’en infiltration crédible. La réception publique reflète cette contradiction : certains applaudissent la fidélité à l’original et les hommages, d’autres soulignent un film sans tension, trop référentiel, et sans réel plaisir à regarder.
Verdict : Douche froide
Predators ne trahit pas le côté irréaliste du premier film — il le perpétue de manière moderne — mais il échoue sur tout le reste : tension, rythme, crédibilité et mise en scène. Ce qui aurait pu être un remake intelligent et rafraîchissant se transforme en un gâchis monumental.
Température de douche : 10 °C — glaciale, amère et frustrante.
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