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Dos au mur : le vide en apesanteur

  • Photo du rédacteur: irw20
    irw20
  • il y a 4 jours
  • 2 min de lecture

Ne vous fiez surtout pas à son affiche, faussement nerveuse et prometteuse : Dos au mur, sorti en salles en France en 2012, n’est pas un thriller sous tension mais une purge opportuniste, emballée comme un high concept hollywoodien. Sur le papier, l’idée a de quoi intriguer : un homme menace de sauter d’un immeuble, la foule se masse, la police négocie, le temps est compté. Un dispositif minimal, propice au suspense. En théorie.

Dans les faits, le film s’effondre dès les premières minutes. Le scénario, criblé d’incohérences, avance à coups de ficelles visibles et de retournements téléphonés. Chaque révélation arrive trop tôt, trop tard, ou sans aucune logique interne. Le suspense ne naît jamais, étouffé par une écriture paresseuse qui confond tension et agitation.

Sam Worthington, déjà symbole d’un cinéma blockbuster interchangeable, livre ici une performance en pilotage automatique. Figé, monotone, sans charisme, il passe l’essentiel du film à faire de la figuration sur une corniche, pendant que la mise en scène tente désespérément de nous faire croire à l’urgence de la situation. Autour de lui, le casting semble suivre le mouvement sans conviction, comme s’il savait déjà que l’édifice narratif ne tiendrait pas debout.

La réalisation, signée Asger Leth, est d’une platitude confondante. Aucun sens du rythme, aucun usage intéressant de l’espace urbain, aucune idée de mise en scène pour exploiter la verticalité pourtant centrale au concept. Tout est filmé à hauteur de téléfilm de luxe, avec une efficacité mécanique et une absence totale de personnalité. Un thriller qui se contente d’aligner des plans fonctionnels, comme un mode d’emploi IKEA : ça tient vaguement debout, mais sans âme, sans style, sans plaisir.

On se surprend à continuer le film par simple curiosité, un peu comme on regarde un funambule ivre avancer pas à pas : non par intérêt, mais en se demandant quand la chute aura lieu. Sauf qu’ici, même l’accident final manque d’impact. Dos au mur ne provoque ni colère ni fascination — seulement un ennui poli, teinté de lassitude.

Cette douche froide n’a rien de tragique ni de fascinant. Elle est simplement inutile. Un film conçu pour remplir une case, consommer un concept, puis disparaître sans laisser de trace.

Verdict : Douche froide attendueTempérature : 12 °C — tiède au départ, puis rapidement désagréable

2/10, et c’est déjà généreux. Fuyez, même en streaming gratuit : votre temps vaut infiniment plus que cette chute sans vertige.

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