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Contracted : le viol d’une idée par l’incompétence

  • Photo du rédacteur: irw20
    irw20
  • il y a 3 jours
  • 3 min de lecture

Contracted appartient lui aussi à la première catégorie de ce dossier « Douches froides » : celle des films dont on attendait malgré tout quelque chose. Non pas parce que la promesse était exceptionnelle, mais parce que sa note globale, autour de 5 sur 10, laissait espérer un film de genre imparfait, peut-être maladroit, mais doté d’un fond, d’une idée, voire d’un malaise intéressant. Dans le cinéma de genre, on apprend à se méfier… mais aussi à tenter sa chance. Ici, cette tentative s’est révélée être une perte de temps abyssale.

Contracted est un film qui ose tout — et rate absolument tout. Le point de départ est pourtant lourd, potentiellement puissant : Samantha, une jeune femme, est droguée et violée lors d’une soirée. À partir de là, son corps se décompose progressivement, tandis que sa vie sociale et familiale s’effondre. Le film prétend alors aborder des thèmes graves : le consentement, la culpabilisation de la victime, l’homophobie latente, le rejet familial, la maladie comme stigmate. Sur le papier, il y avait matière à un film dérangeant, inconfortable, voire nécessaire.

Mais Contracted ne traite aucun de ces sujets. Il les survole, les exploite, puis les abandonne, avec la délicatesse d’un bulldozer lancé à pleine vitesse. Chaque thème est évoqué comme un argument marketing, jamais comme un vrai axe narratif ou moral. Le film accumule les intentions sans jamais les transformer en discours, en regard, ou même en simple cohérence.

Très vite, tout sonne faux. Les acteurs semblent perdus, livrés à des dialogues d’une pauvreté affligeante (« On n’est plus ensemble ? — T’as tout compris. »), récités sans conviction ni direction. Les personnages agissent comme des pantins, prenant des décisions absurdes uniquement pour faire avancer un scénario déjà exsangue. La fameuse “transformation” de Samantha, qui aurait pu constituer une métaphore forte — du trauma, de la contamination sociale, du regard des autres — n’est en réalité qu’un prétexte. Un prétexte à quelques effets visuels corrects, certes, mais totalement déconnectés d’une narration digne de ce nom.

Et si le film échoue dans son intrigue et sa technique, il échoue tout autant dans les réactions de ses personnages, d’une débilité affligeante. Sa famille qui ne réagit pas à la décomposition visible de Samantha, l’hôpital qui la renvoie chez elle après des symptômes invraisemblables, ou ce moment final où un homme accepte un rapport avec ce qu’elle est devenue… tout cela est ridiculement incohérent. On pourrait arguer qu’on est dans un film fantastique, mais Contracted accumule tellement de coïncidences et de décisions absurdes que le spectateur perd toute suspension d’incrédulité, ce qui transforme ce qui pourrait être un malaise intéressant en une suite de situations grotesques.

Le pire, peut-être, est que Contracted se croit intelligent. Il se regarde comme un film “important”, sérieux, transgressif. Or il n’est que creux. Vide. Prétentieux dans sa vacuité. On avance péniblement, scène après scène, en se demandant pourquoi on continue. Et la réponse est simple : parce qu’on a déjà dépassé le premier tiers, parce qu’on se dit qu’avec une note moyenne, il doit bien y avoir quelque chose après. Il n’y a rien. Absolument rien.

Verdict : Douche froide (catégorie 1)Température : 7 °C Une douche froide née d’une illusion : celle qu’un film de genre au sujet grave et à la note moyenne puisse cacher une vraie proposition. Contracted n’est pas seulement mauvais, c’est une arnaque intellectuelle, une insulte à l’intelligence du spectateur.

À éviter, sauf si vous souhaitez perdre 1h20 de votre vie à attendre une révélation qui ne viendra jamais. Je ne souhaite cette expérience à personne — pas même aux amateurs de cinéma bis ou aux masochistes du mauvais film. Contracted n’a même pas la décence d’être un nanar.

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