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The Passion of Darkly Noon : quand la foi dévore l’homme

  • Photo du rédacteur: irw20
    irw20
  • 7 janv.
  • 2 min de lecture

Fiche technique

Titre original : The Passion of Darkly Noon

Réalisation : Philip Ridley

Année : 1995

Pays : Royaume-Uni / États-Unis

Genre : Drame, fantastique, psychologique

Durée : 90 minutes

Avec : Brendan Sexton III, Ashley Laurence, Grace Jones


Synopsis

Darkly Noon est un jeune homme élevé dans un environnement religieux extrêmement strict. En fuite, il trouve refuge au cœur d’une forêt isolée où il rencontre un couple vivant en marge du monde. Peu à peu, ses croyances profondément ancrées se heurtent au désir, à la jalousie et à la peur de l’abandon, faisant vaciller son fragile équilibre mental.

Critique

The Passion of Darkly Noon est typiquement le genre de film qui ne cherche jamais à séduire facilement. Lent, symbolique, parfois maladroit, il s’impose pourtant comme une œuvre profondément habitée. Philip Ridley, réalisateur rare à la filmographie courte mais marquante (The Reflecting Skin, Dust Devil), livre ici un film imparfait mais sincère, qui assume pleinement son étrangeté.

La mise en scène repose avant tout sur l’atmosphère. La forêt devient un espace mental, presque un purgatoire, où la foi se transforme en obsession. Philip Ridley privilégie les images et les symboles au récit classique, au risque de perdre une partie du spectateur, mais cette approche donne au film une identité forte. On est clairement dans une Série B ambitieuse : peu de moyens, mais une vraie vision d’auteur.

Derrière son vernis mystique, le film parle avant tout de l’endoctrinement religieux et de la violence intérieure qu’il peut engendrer. Darkly n’est pas un monstre, mais un homme façonné par la culpabilité, incapable de gérer le désir autrement que par la paranoïa et la peur. L’horreur n’est jamais frontale : elle est psychologique, sourde, presque biblique.

On sent l’influence d’un cinéma fantastique des marges, quelque part entre le symbolisme européen et la Série B américaine des années 80-90. Pas du Carpenter au sens strict, mais un cousin spirituel : même goût pour les personnages isolés, les figures mythologiques et une menace diffuse qui semble naître de l’intérieur plutôt que de l’extérieur.

Le film souffre néanmoins de certaines limites. Le rythme est inégal, la narration parfois confuse, et la direction d’acteurs peut paraître rigide par moments. Mais ces faiblesses font aussi partie de son ADN. The Passion of Darkly Noon est un film qui s’assume, quitte à être bancal, et c’est précisément ce qui le rend fascinant.



Le Verdict de la Crypte

🕯 3 prières brûlées sur 4

Un film imparfait mais sincère, qui transforme la foi en poison lent et la solitude en véritable malédiction. Une œuvre de caractère, à la croisée du drame psychologique et du fantastique mystique, qui mérite largement d’être redécouverte.

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