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[Critique] Something in the Dirt – Quand le méta étouffe le cinéma (Benson & Moorhead s'égarent)

  • Photo du rédacteur: irw20
    irw20
  • 4 janv.
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 5 janv.



Synopsis

À Los Angeles, Levi emménage dans un appartement délabré où il fait la connaissance de son voisin, John. Témoins de phénomènes paranormaux dans l'appartement, les deux hommes décident de documenter ces événements pour atteindre la célébrité et la richesse. Mais alors qu'ils s'enfoncent dans un terrier de théories du complot et de géométrie sacrée, la réalité commence à se fissurer, tout comme leur amitié.


Corps de la Critique

L’ivresse du vide Benson et Moorhead sont les chouchous du cinéma fantastique indépendant, et pour cause : ils ont cette capacité unique à transformer un budget de "Série B" en une expérience métaphysique (comme dans The Endless). Mais avec Something in the Dirt, le duo semble avoir confondu densité et profondeur. On se retrouve face à un mille-feuille de théories conspirationnistes, d’ovnis et de dimensions parallèles qui s'empilent sans jamais construire un édifice solide.

Une mise en scène qui s'auto-analyse La mise en scène tente de jouer la carte du "film dans le film", alternant entre le documentaire low-cost et la reconstitution. Si l'intention méta est claire — interroger notre besoin de trouver du sens là où il n'y en a pas — l'exécution est épuisante. Là où un Carpenter savait instaurer une menace invisible avec trois fois rien, ici, la tension est absente, remplacée par des dialogues pseudo-philosophiques qui tournent en boucle. On a l'impression d'assister à une réunion de copropriété qui aurait dérapé sur des forums louches du dark web : c'est bavard, c'est long, et ça manque cruellement d'enjeux émotionnels.

Le fond : le complot comme refuge Derrière le bric-à-brac ésotérique, le film raconte pourtant quelque chose d'intéressant sur la solitude urbaine et le besoin de connexion. John et Levi ne cherchent pas la vérité, ils cherchent une raison d'exister. Malheureusement, ce "fond" social est totalement étouffé par la forme. À force de vouloir multiplier les fausses pistes et les clins d'œil intellectuels, les réalisateurs oublient l'essentiel : le cœur. Leurs œuvres précédentes possédaient une âme et des personnages auxquels on s'attachait. Ici, on reste à la porte, simple spectateur d'un exercice de style qui s'écoute parler.


Le Verdict de la Crypte

Note : 5 / 10

Notation thématique : "Le Trou de Lapin sans Fond"

  • Niveau de paranoïa : 9/10 (On a mal à la tête pour eux)

  • Engagement émotionnel : 1/10 (Encéphalogramme plat)

  • Cohérence du puzzle : Pièces manquantes (ou en trop)

Verdict : Un film qui veut tellement être "intelligent" qu'il en oublie d'être du cinéma. C'est brillant techniquement pour du DIY, mais émotionnellement vide. À réserver aux complotistes du dimanche ou aux complétistes du duo.

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