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[Critique] LFO : Le piège du concept à usage unique ?

  • Photo du rédacteur: irw20
    irw20
  • 3 janv.
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 5 janv.


Il est parfois risqué de confronter ses souvenirs à la réalité d’un second visionnage. LFO, premier long-métrage du Suédois Antonio Tublén, m'avait laissé une impression de curiosité marquante à l'époque. Mais sa redécouverte sur la plateforme Shadowz s'avère cruelle. Si l'idée de manipulation mentale par les basses fréquences sonores reste brillante sur le papier, le film subit l'épreuve du temps : une fois l'effet de surprise dissipé, les coutures deviennent trop visibles.


Une exécution qui peine à suivre l'idée

Le postulat est d'une efficacité redoutable : un homme découvre qu'il peut contrôler la volonté d'autrui grâce à des fréquences sonores spécifiques. C'est le rêve (ou le cauchemar) de tout expérimentateur solitaire.

Cependant, on sent ici les limites du "film-laboratoire". Si Patrik Karlson porte le film avec une conviction inquiétante, les personnages secondaires manquent cruellement de relief, nous sortant régulièrement de l'immersion. La mise en scène, très statique, et une direction d'acteurs inégale ne parviennent pas à compenser l'économie de moyens. LFO est une œuvre qui vit mal la répétition ; la curiosité de la première fois laisse place, à la seconde, à une certaine lassitude face à un dispositif qui finit par tourner en boucle.


L’artisanat sonore au cœur du malaise

Ce qui reste fascinant, c'est l'approche d'Antonio Tublén. Étant lui-même musicien, il ne triche pas : les sons et les fréquences que l'on entend ont été réellement conçus pour être techniquement crédibles. On est dans une horreur presque tactile, où le son n'est pas qu'un accompagnement, mais l'arme du crime. C'est cet aspect "débrouille" qui sauve le film de l'oubli total.


Un réalisateur "perdu de vue" : de l'ambition au huis clos

Ce second visionnage explique sans doute pourquoi je n'ai pas guetté la carrière de Tublén par la suite. Entre son premier cri d'éclat en 2013 et ses projets suivants comme Robin (2017) ou Zoo (2018), le souvenir de LFO s'est estompé.

Pourtant, la trajectoire du réalisateur est intrigante. Savoir qu'il a débuté avec Original (2009) — un film bien plus ambitieux et primé, aujourd'hui quasi introuvable — pour finir par tourner LFO dans sa propre maison, souligne un parcours complexe entre ambitions contrariées et résilience pure. L'envie de lui redonner une chance persiste : j'irai sans doute jeter un œil à sa comédie apocalyptique Zoo, pour voir s'il a enfin trouvé l'équilibre entre ses concepts géniaux et une narration plus solide.


Note de L'Écho des Ombres : 6,5 / 10 (Une note qui aurait été bien plus haute au premier visionnage (8/10), mais qui s'érode avec le temps et la répétition.)

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