[Critique] JAKOB’S WIFE : Quand la crise de la cinquantaine prend les crocs
- irw20
- 4 janv.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 5 janv.

Par irw20
Aujourd'hui, on se penche sur un film qui a fait parler de lui dans le milieu de l'horreur indépendante : Jakob’s Wife (2021). Si vous cherchez un énième film de vampires à la sauce romantique, passez votre chemin. Ici, on est plus proche d'un mélange entre l'humour noir de John Carpenter et une satire sociale sur le couple qui bat de l'aile.
Le Pitch : Du presbytère à l'hémoglobine
Anne Fedder (l'immense Barbara Crampton) mène une vie terne de femme de pasteur dans une petite ville sans histoire. Effacée, ignorée par un mari (Larry Fessenden) un peu trop rigide, elle voit sa vie basculer après une rencontre nocturne avec "Le Maître".
Résultat ? Une soif de sang dévorante, mais surtout une soif de vivre qu'elle avait oubliée depuis 30 ans.
L'œil du Blogueur : Ma Critique (Note : 6,5/10)
C'est un film que j'ai trouvé fondamentalement intéressant, même s'il n'est pas sans défauts.
Le fond (Le point fort) : La vraie réussite du film, c'est son sujet. Le vampirisme n'est qu'un prétexte pour parler de l'usure du couple, de la place des femmes dans la religion et de l'émancipation. Voir ce duo de légendes (Crampton/Fessenden) se disputer sur la gestion d'un cadavre dans leur salon est un pur plaisir de comédie noire.
La forme (Le point faible) : On ne va pas se mentir, la réalisation est parfois un peu "faible". On sent un manque de moyens techniques qui donne au film un aspect télévisuel ou "série B" un peu trop marqué par moments. Le rythme a tendance à s'essouffler en milieu de parcours.
L'avis "Flash" : On dirait une pub pour la liberté qui aurait mal tourné, ou un hommage aux films de vampires de Carpenter qui ne se prendrait pas trop au sérieux. C’est original, piquant et souvent drôle.
Qui est Travis Stevens, le chef d'orchestre ?
Pour bien comprendre le film, il faut regarder qui est derrière la caméra. Travis Stevens n'est pas un nouveau venu ; c'est un artisan du cinéma indépendant.
Un parcours "Indie" : Avant d'être réalisateur, il a produit des perles comme Cheap Thrills ou Jodorowsky’s Dune. Il connaît le genre sur le bout des doigts.
Sa philosophie : Dans ses interviews, Stevens explique qu'il veut des films qui "mutent". Pour lui, l'horreur doit servir à explorer des sujets toxiques (la routine, la domination) avec un sourire en coin.
Le réalisateur-acteur : Ayant lui-même fait quelques apparitions devant la caméra, il privilégie la direction d'acteurs et les effets spéciaux pratiques ("à l'ancienne") plutôt que les effets numériques lisses.
LE VERDICT DE LA CRYPTE
L'État du Corps : 🩸🩸🩸🩸🩸🩸🩸 (7 gouttes sur 10) Le Diagnostic : "Un réveil en fanfare, mais des articulations encore un peu raides."
L’avis du Croque-mort : Le sujet est mortel ! Utiliser le vampirisme pour disséquer l’ennui d’un vieux couple de presbytère, c’est du génie satirique. On sent l'influence de Carpenter dans ce mélange de sérieux et de grand-guignol.
Dommage que la réalisation soit parfois un peu "pâle". On aurait aimé une mise en scène plus tranchante pour accompagner cette métamorphose sanglante. C’est original, c’est frais (si l’on peut dire), mais ça manque un peu de budget pour vraiment nous hanter.
En bref : Un film qui a du "mordant" social, à voir pour le duo Crampton/Fessenden qui s'éclate à faire voler les convenances en éclats.




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