[Double Programme] L'Écho des Mondes Parallèles : Quand le folklore devient loi (When Evil Lurks et Falling Stars)
- irw20
- 2 janv.
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Dernière mise à jour : 5 janv.


L'étrange comme nouvel ordre social
Dans le cinéma de genre que nous explorons ici, le surnaturel n'est plus une simple intrusion dans notre quotidien ; il devient le cadre même de l'existence. Si The Artifice Girl nous interrogeait sur l'éthique de la conscience artificielle, When Evil Lurks et Falling Stars nous projettent dans une « dystopie fantastique ». Dans ces mondes, le folklore et les malédictions ne sont pas des mythes, mais des réalités sociétales avec lesquelles les personnages doivent négocier chaque jour.
I. When Evil Lurks : La loi de l'innommable
Chef-d'œuvre de tension venu d'Argentine, le film de Demián Rugna propose une vision où le mal est traité avec la rigueur d'une épidémie administrative.
Une structure implacable : Le récit nous plonge dans une campagne isolée où la présence du mal est régie par des protocoles gouvernementaux stricts.
La contagion du désespoir : Rugna installe les sept règles fondamentales pour gérer les possédés. Ce ne sont pas des rites religieux, mais des mesures de sécurité publique.
Une puissance émotionnelle : Par sa radicalité, le film brise les codes habituels et nous force à accepter un univers où l'étrange a déjà gagné.
II. Falling Stars : Le rituel comme quotidien
En écho à cette violence organique, Falling Stars explore le versant mélancolique et contemplatif de cette même dystopie.
Une poésie du minimalisme : Ici, la « nuit des sorcières » est une constante annuelle acceptée par tous. Le film suit un récit itinérant où le danger plane, invisible, au-dessus du désert.
Un folklore enraciné : Malgré des moyens plus modestes, l'ambiance réussie entre les rituels radio et les sacrifices familiaux crée une mythologie crédible et fascinante.
Une vision audacieuse : On y découvre un potentiel immense pour un cinéma qui préfère l'atmosphère et la suggestion à la démonstration pure.
Conclusion : Deux facettes d'un imaginaire folklorique
Rapprocher ces deux œuvres sur L'Écho des Ombres permet de souligner cette tendance passionnante du cinéma de genre actuel : construire des mondes parallèles où les lois de la nature ont été remplacées par celles du folklore.
D'un côté, une bureaucratie du mal viscérale et implacable ; de l'autre, un culte domestique empreint de poésie. Tous deux s'éloignent des sentiers battus de l'épouvante classique pour nous offrir une immersion dans ce que le fantastique a de plus noble : sa capacité à rendre l'impossible parfaitement logique.




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