[Critique] La Espera : Une tragédie sous le soleil de plomb de l’Andalousie
- irw20
- 5 janv.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 7 janv.

Fiche Technique rapide
Titre : La Espera (The Wait)
Réalisation : F. Javier Gutiérrez
Casting : Víctor Clavijo, Ruth Díaz, Pedro Casablanc
Genre : Thriller / Drame / Folklore
Origine : Espagne
Note : 7/10
Synopsis sans spoiler
Andalousie, années 70. Eladio, gardien d'un domaine de chasse, accepte une petite entorse au règlement pour arrondir ses fins de mois. Un choix qui va transformer son quotidien en une spirale de malheur. Entre le deuil, la chaleur insupportable et un sentiment de culpabilité qui ne le quitte plus, Eladio s'enfonce dans une attente qui semble altérer sa perception de la réalité.
Corps de la Critique (Enrichi)
Le retour aux sources d'un artisan Après avoir été "aspiré" par la machine hollywoodienne pour réaliser Rings (le troisième volet de Le Cercle), F. Javier Gutiérrez a ressenti le besoin viscéral de revenir en Espagne, et plus précisément dans son Andalousie natale. Pour La Espera, il a refusé le confort des studios pour tourner dans des conditions réelles. L'anecdote qui ne trompe pas : le tournage s'est déroulé sous une chaleur dépassant les 40°C. Ce n'est pas du maquillage : la sueur, la poussière et l'épuisement des acteurs sont authentiques. C’est ce qui donne au film ce grain si particulier, loin des blockbusters lisses.
Une mise en scène qui a du tempérament Le film prend son temps, et c'est son identité de Série B qui veut ça. Gutiérrez filme la terre comme un champ de bataille. On est dans du "vrai", du palpable. On suit Eladio (interprété par un Víctor Clavijo impressionnant, qui a dû perdre beaucoup de poids pour le rôle) dans sa lente descente aux enfers. Pendant une grande partie du métrage, on reste dans le flou : est-ce que cet homme devient fou ? On met ses visions étranges sur le compte d'un "billet psychologique" dû au traumatisme et à l'insolation.
Le basculement : du thriller au folklore C’est là que le film se révèle être un objet étrange. Gutiérrez cite souvent les peintures noires de Goya comme influence, et on comprend pourquoi dans le dernier acte. Sans trahir l'intrigue, sachez que le film ne reste pas sagement dans les clous du thriller. Les cinq dernières minutes déchirent le voile de la réalité pour laisser place à un folklore macabre et inattendu. Le réalisateur a d'ailleurs confié que ce projet était très personnel, une sorte de "purgatoire" cinématographique. Ce virage est brusque, presque traumatisant pour le spectateur, mais il apporte une explication organique à cette atmosphère de mort qui plane dès le premier plan.
Le Verdict de la Crypte Note globale : 7/10
L'Évaluation au Fusil de Chasse :
Le Calibre de la mise en scène : 4/5 cartouches
La Poudre (Le Scénario) : 3/5 pincées
L'État du Gibier (Le Héros) : 5/5 plaies
Le Coefficient de "Soleil Noir" : 4/5 insolations
Verdict final : Un coup de fusil qui part tard, mais qui ne rate pas sa cible. À voir pour ceux qui aiment quand le genre "terroir" part en vrille totale.




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