🎬 Duo n°1 : Un jour sans fin & Palm Springs
- irw20
- 4 janv.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 7 janv.
Le Contraste Idéologique : Rédemption vs. Absurdité
Durée Totale de l'expérience : 3h16 (Un jour sans fin : 1h41 + Palm Springs : 1h35)
Ordre conseillé : Commencer par l'original pour poser le mythe, puis enchaîner avec la version moderne pour le déconstruire.
Le mécanisme narratif de la boucle temporelle — ce condamné à revivre la même journée à l’infini — est au cœur de ce premier duo. Pourtant, derrière une structure identique, Un jour sans fin (1993) et Palm Springs (2020) dessinent des trajectoires morales opposées. En les confrontant, on assiste à un véritable dialogue entre la moralité classique et le nihilisme contemporain.
Dans Un jour sans fin, la boucle est clairement présentée comme une punition karmique infligée au cynique et égocentrique Phil Connors. Le film est structuré comme un conte moral, mais la moralité de Phil est sujette à débat. Après avoir épuisé l'hédonisme pur et les gouffres du désespoir (allant jusqu'à tester le suicide sous toutes ses formes), Phil entreprend d'utiliser l'infini pour développer de nouvelles compétences. Cependant, cette quête de perfection reste ambiguë : il n'apprend à jouer du piano, à parler français ou à sauver des vies que dans un but précis : impressionner Rita et, par conséquent, sortir de la boucle. Sa bonté est instrumentale ; il devient l'homme "digne" parce qu'il a compris qu'elle est la clé de son salut. La Rédemption est atteinte, mais elle est le produit d'une contrainte dictée par une force supérieure (le Destin) qui exige qu'il transcende sa personnalité initiale pour retrouver sa liberté.
À l'opposé, Palm Springs opère une déconstruction post-moderne radicale. Ici, la boucle n'est plus une punition, mais un fait cosmique aléatoire, absurde et dénué de tout jugement moral. Nyles et Sarah ne cherchent pas à devenir "meilleurs" pour s'échapper. Ils évoluent dans un univers silencieux où leurs actions n'ont plus de conséquences, et leur lien se construit sur le partage de cette immortalité forcée et l'acceptation de leur propre nihilisme. Ils font des choix altruistes non pas pour obtenir une "sortie", mais simplement parce que c'est une manière plus agréable de passer l'éternité ensemble. Le film suggère que le bonheur se trouve dans l'acceptation de l'absurdité. Leur tentative d'évasion finale est un acte de foi risqué, un choix commun et existentiel face à l'ennui, et non une récompense pour leur moralité.
Conclusion & Résonances Ce premier face-à-face nous montre comment une même contrainte temporelle peut engendrer deux philosophies de vie radicalement différentes selon l'époque : là où les années 90 cherchaient encore une validation morale par le dépassement de soi, le cinéma contemporain semble trouver la paix dans l'acceptation du chaos à deux.
Cette réflexion sur l'individu face à un système qui le dépasse se retrouvera d'ailleurs dans notre prochain duo, Les Révoltés de l'an 2000 / Battle Royale, mais cette fois, la répétition ne sera plus une boucle de temps, mais un cycle de violence systémique entre générations.




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